Ce que je crois

Spiritualité pour le XXIème siècle

Voici une FOI NOUVELLE.
qui ne repose sur aucun texte sacré !

Jean GOFFART
Jean GOFFART

Note concernant l'auteur

Il est né à Bruxelles le et fut directeur-gérant de l'usine de famille. Élevé dans la religion catholique, il s'en éloigna vers l'âge de seize ans mais sans jamais cependant verser dans l'incroyance.

Dès l'adolescence, il fut attiré par la philosophie et Marc Aurèle devint la source première de ses méditations.

J'ai retrouvé quelques notes manuscrites de cette époque, dont une de 1922 et une de juillet 1923 : il avait 18 ans !

A 22 ans, il ouvrait son premier cahier et le titrait : "Réflexions en cours de route" avec le sous-titre "Morale - Religion - Philosophie".
Lorsqu'il m'a quittée le à l'âge de 84 ans, il remplissait son 16ème cahier et je dois ajouter, pour être précise, qu'il a également écrit des centaines de pages sur feuilles volantes.

En 1940, dès l'âge de 36 ans, des circonstances diverses l'éloignèrent presque totalement de la vie active professionnelle, il consacra ses heures disponibles à l'étude des questions humaines en général et de la religion en particulier.

Les pages qui suivent vous feront découvrir sa "foi".

Son épouse,
Marcella GOFFART-FIÉVEZ,
née à Dour, le .

Introduction

Il existe diverses religions, diverses révélations qui prouvent "Dieu". Il existe aussi diverses conceptions qui rejettent ces preuves et s'efforcent de motiver l'existence de l'Univers par d'autres moyens.

Face à ce constat, essayer d'éclairer différemment ce sujet est une tâche difficile, presque prétentieuse, et je préfère amener le lecteur à ma conception de "Dieu" par des textes assez brefs qui constituent chacun un tout.

Ils s'échelonnent sur de longues années car, dès avant l'âge de 20 ans, j'ai noté le fruit de mes méditations chaque fois que mes réflexions me ramenaient sur cette question.

Ma conception de la vie et de ses buts est basée sur ce que notre intelligence peut concevoir.

Elle a l'avantage de ne pas exiger un rattachement à une religion dénommée ou à une doctrine sujette à caution.

Elle est source d'une grande paix intérieure car elle nous met en accord avec les vœux de la Création.

Elle ne nous oblige pas à être des saints mais nous incite à rechercher graduellement la perfection.

Elle nous oblige à des heures de détente pour maintenir notre bon équilibre physique.

Elle favorise l'épanouissement de notre intelligence, en accord avec notre raison.

Elle prend sa source dans l'observation de l'Univers.

Elle apporte la tranquillité d'âme, le courage souriant, l'acceptation de la vie telle qu'elle est, mais elle donne le désir et la volonté de coopérer à la rendre meilleure.

Le but du présent livre sera de démontrer le sens et la valeur de notre vie, d'indiquer une autre voie à ceux qui se sont éloignés des religions existantes, et prouver que nous pouvons adhérer à une croyance de base, à une religion simple mais suffisante.

Permettez-moi de donner un conseil : après avoir lu ce livre, réfléchissez-y, discutez-en et ... relisez-le car des idées neuves peuvent parfois prendre du temps à nous pénétrer.

La vision claire du "pourquoi" de la vie doit se rechercher et cela ne mériterait-il pas un léger effort ?

Avertissement

Pour la juste compréhension de ma pensée, je crois nécessaire de préciser certains termes.

Les mots "Dieu" et "Intelligence supérieure" doivent être pris au sens le plus large.

A notre stade relatif d'évolution, nous serions prétentieux de vouloir définir ce "Dieu", cette "Intelligence supérieure".

De même, lorsque je répète les paroles de Victor Hugo : Il est, Il est, Il est éperdument, il ne faut pas accorder à ce "Il" une précision que je ne lui donne pas.

Première partie

1. - Origine des religions

De tout temps, l'homme a cherché "Dieu" et l'origine de la vie.

Pour s'en convaincre, il suffit d'ouvrir un dictionnaire aux mots "Dieu" et "Religion" et lire tout ce qui s'y rapporte : c'est étonnant !

Cette légitime recherche était nécessaire, mais quelles divergences ! Et parfois, quelles élucubrations !

Quelle imagination pour inventer des détails précis sur les attributs métaphysiques et moraux de "Dieu" !

Tout ceci est compréhensible puisqu'une religion concrète a toujours été nécessaire à l'esprit humain.

2. - Religion et Religions

N'allons pas au-delà ni en deçà de la religion vraie qui va de zéro à nos bornes actuelles.

L'homme n'est autre chose qu'un mammifère dont l'évolution intellectuelle et spirituelle est en avance sur celle des autres mammifères. Cette spiritualité se substitue lentement à l'instinct primaire, instinct dont nous ignorons d'ailleurs tout quant aux raisons qui le déterminent et le guident. Malheureusement, cette supériorité dans le pouvoir de penser l'a rendu suffisant et il a cru que l'Univers avait été créé pour lui seul et qu'il était le maître du monde.

Il a refusé de reconnaître tout ce qui le rattachait à l'animal et combien l'animal et lui avaient de points communs. Or, par un tas de points également communs, il se rattache même aux plantes ... et aux organismes les plus primitifs.

Sa suffisance l'a amené à désirer se croire à tel point supérieur qu'il s'est désolidarisé des autres branches animales qui l'environnent et en a refusé la parenté.

Cette suffisance a conduit chaque groupement humain à s'inventer de toute pièce une religion personnelle. Trop orgueilleux pour reconnaître ce qu'il était seulement et se situer à sa vraie place, il a trouvé ce moyen de se forger une croyance qui le satisfasse.

Ses origines étaient là, aveuglantes de visibilité pour l'être intelligent qu'il était, mais son intelligence n'était pas guidée par la lucide et indépendante raison; elle était au contraire prisonnière de vices de caractère qui lui fermaient les yeux et la poussaient constamment hors des rails des libres et justes déductions logiques. Cette tendance générale dans ce désir de se croire exagérément supérieur et capable de savoir ce qui pour lui, à son degré d'évolution relatif, ne pouvait que demeurer encore inconnaissable, l'a poussé à se créer toutes ces religions multiples dont le nombre et la diversité prouvent le mal fondé.

Mais, à présent l'homme tombe dans le travers inverse. Ayant dépassé ses bornes et s'apercevant que ses croyances n'étaient que des échafaudages théoriques produits par son imagination, il se met à nier tout et à refuser d'aller jusqu'à ses bornes. Ceci arrange d'ailleurs assez bien, pour beaucoup, la satisfaction sans frein ni contrôle de leurs instincts primaires puisque niant tout ils se croient autorisés à nier toute foi et toute règle morale.

Ces religions ? De la blague ! Il n'y a pas de Dieu, il n'y a que l'aveugle matière dans un Univers abracadabrant, désordonné, monstrueux ...; pourquoi donc nous restreindre dans nos appétits de tous ordres ?

Il aurait suffi à l'homme d'hier et à certains hommes d'aujourd'hui d'ouvrir les yeux pour constater son énorme tendance à s'inventer des religions et à dépasser ainsi ses bornes.

Il suffirait à l'homme d'aujourd'hui et à celui de demain d'ouvrir les yeux pour constater qu'il ne va pas jusqu'à ses bornes alors que l'effort lucide pour y parvenir lui indiquerait sa route et les lois morales qu'il doit respecter pour réaliser son destin, survivre, aller vers la sécurité, le bonheur, et trouver la vie belle et compréhensible dans une action enthousiaste ayant pour but sa normale évolution.

Ne nous est-il pas lumineusement apparent que ce vaste Univers, et même notre seule terre, fourmille par millions de lois extraordinairement intelligentes ? Ne nous est-il pas apparent qu'un tas de ces lois sont intelligemment interdépendantes, ordonnancées et non jetées au hasard comme si elles s'ignoraient l'une l'autre ?

Mais cette intelligence qui se révèle partout et dans tout, dans l'infiniment grand comme dans l'infiniment petit, qui est-elle, d'où vient-elle, pourquoi et comment agit-elle ? Pratiquement, nous n'en savons RIEN !

Est-ce parce que nous sommes encore de parfaits ignares que nous devons tout nier ?

Est-ce notre demi-ignorance présente qui nous confère le droit de porter un jugement péremptoire que nous prétendrions justifier par l'unique raison que nous ne comprenons pas grand chose aux lois de ce grand ensemble qui dépasse tellement notre compréhension ?

Notre suffisance a créé des religions souvent ridicules et fausses en leurs détails imaginés. Elles eurent cependant le mérite de nous aider à vivre jusqu'à présent.

Notre suffisance les supprime à présent totalement sans en garder aucune base originelle et juste, telle cette grande idée que cet Univers n'a pas été fait pour rien et que rien ne nous autorise à le croire. Bref, nous étions suffisants et peu sensés et, changeant de conception, nous nous montrons à nouveau suffisants et peu sensés ...

... Évidemment, la cervelle humaine n'augmente tout au plus que de quelques grammes en 10.000 ans; alors, pourquoi agirions-nous autrement aujourd'hui qu'hier ?!!

Mais la recherche de la correction de notre caractère peut, elle, nous rendre plus intelligemment lucides avec le même outil cervelle pas plus volumineux que celui dont nous disposons.

Travaillons courageusement à l'éducation de ce caractère afin qu'il permette à notre intelligence d'être plus libre, plus indépendante; nous y verrons alors déjà plus clair pour aller jusqu'à nos bornes, ni au-delà ni en deçà, avec une intelligence guidée par une lucide raison et non par les tendances instinctives vers lesquelles nous poussent nos défauts.

Et ce sera là notre nouvelle religion : l'ensemble des idées directrices qui nous sont actuellement accessibles, ni plus ni moins, sans imagination aberrante ni, au contraire, défaitisme destructif par refus d'aller jusqu'à nos bornes.

Ouvrons larges nos yeux au grand livre de la Nature et voyons dans quel sens elle tente de progresser. Ne nous opposons pas à elle mais marchons dans son sens, ce sens d'évolution de plus en plus marqué vers le spirituel qui est bien éloigné de la seule recherche des jouissances matérielles et physiques de tous ordres.

... Et ne versons pas alors pour autant et trop brutalement dans l'excès contraire de la seule spiritualité car nous sommes double nature et nous devons viser à un juste équilibre physique et spirituel.

3. - Faillite des religions

Premier constat : les religions sont arrivées à une faillite presque complète.

Ce constat est assez facile à établir par celui qui se posera la question suivante : nos religions ont-elles véritablement remplacé la loi primitive du plus fort par la justice, la charité, l'altruisme, l'esprit de sacrifice au sens chrétien du mot ?

Si cela était, pourquoi y aurait-il partout dans le monde tant d'exploitation des plus faibles, tant d'exploitation des peuples sans défense ?

Si cela était, pourquoi y aurait-il tant de sociétés commerciales et industrielles implantées dans d'autres pays et qui visent vraiment trop uniquement leurs intérêts sans guère de considération pour les intérêts premiers de ces peuples ?

Les maintenir dans un demi-esclavage par l'intermédiaire de leurs propres gouvernants, que nous poussons au pouvoir parce qu'ils sont favorables à nos intérêts, ne prouve pas que nous pratiquons, en fait, l'esprit du Christ ou une morale honnête.

Lors d'un entretien, Jean Larteguy a répondu à Han Suyin : Il est anormal que la seule force brutale soit un critère pour gouverner le monde. Mais l'histoire nous a malheureusement appris que les plus forts avaient gouverné jusqu'au moment où les peuples asservis les avaient rendus plus tolérants. ( Paris-Match  )

La vérité est que nous n'agissons plus en VRAIS croyants.

Nos religions sont pratiquées du bout des lèvres par la majorité de ceux qui y adhèrent apparemment encore et dont le nombre s'amenuise d'ailleurs de jour en jour.

Les religions sont pratiquement mortes ?

Alors, vive une religion nouvelle, moderne, valable pour les temps présents.

Vive une foi réelle, élargie, à laquelle nous pourrons adhérer parce que nous pourrons la comprendre et l'admettre.

Vive une foi profonde qui guidera véritablement nos actions et donnera un sens à nos vies.

C'est à cette
FOI NOUVELLE que je convie les hommes. Elle seule peut nous inciter souverainement à acquérir une moralité honnête, juste, altruiste; à rechercher à pratiquer le bien partout et toujours.

Grâce à cette
FOI NOUVELLE, les sacrifices seront légers. La majorité des hommes n'est pas mauvaise et je la sais capable de beaucoup d'acceptation afin d'atteindre un haut idéal. Mais pour cela, l'être humain doit savoir pourquoi il adopte une telle attitude, il doit comprendre que cela est juste et qu'il s'en sente rehaussé à ses propres yeux.

Beaucoup d'humains ne savent pas encore le plaisir qu'il y a à considérer tout homme comme un "frère aimé", un frère envers lequel il faut parfois se défendre mais envers lequel on ne ressent aucune haine, un frère auquel on ne souhaite que du bien.

Si une majorité d'hommes arrive à partager ce sentiment, le monde en sera changé, le sourire fleurira partout et remplacera l'inquiétude et l'égoïste indifférence qui s'impose de ne pas réfléchir afin de ne pas souffrir.

Le , à 4 heures

On ne choisit pas d'être missionnaire; on en accepte la charge imposée par sa conscience.
Mais d'où vient-elle cette conscience ?

4. - Nécessité d'une croyance

Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer.Voltaire )

Si tous les hommes se sont inventés des religions, c'est que cela devait être et il faut considérer ce fait comme une nécessité vitale, le matérialisme seul ne satisfaisant pas l'âme humaine et ne permettant pas à l'homme de survivre.

Les hommes ne se sont d'ailleurs pas inventé une religion car le principe de départ était le même chez tous : la reconnaissance de lois dont la plupart étaient extraordinaires en force, grandeur, intelligence. Cette intelligence ressentie, agissante et mystérieuse, ils la personnifièrent d'une manière plus ou moins concrète, sous forme de Dieux, à l'échelle de leur entendement, et surtout de l'entendement des plus simples parmi eux.

Tirer à présent des conclusions péremptoires sur "l'intelligence" encore si peu connaissable qui régit la vie, c'est sortir, par étroitesse de vue, de l'intelligente raison.

Apprendre, devenir savant, très bien.

Mais diffuser parmi les masses des conceptions toutes hypothétiques sans tenir compte du danger de cette diffusion, c'est voir la vie avec des œillères, c'est ne pas voir plus loin que le bout du nez, c'est être un savant nuisible et un danger public.

Certains de nos savants nous ont nui de cette façon, attachés trop uniquement qu'ils étaient à des domaines particuliers de la connaissance, et perdant de vue l'ensemble des choses.

Il n'y a de science que du général.Platon )

Les religions, même si elles furent erronées par bien des points, firent malgré tout souvent plus de bien que de mal.

Elles furent l'opium du peuple ?

OUI.

Mais aussi son réconfort et sa consolation dans les vicissitudes de l'existence.

Elles s'allièrent occasionnellement aux plus forts ?

OUI.

Mais elles prirent souvent en considération les petits et furent parfois des modératrices des instincts brutaux des puissants.

Les religions furent donc très utiles et les adeptes des diverses religions sont plus dans le vrai que les athées car, à l'idée vraie de Dieu, qu'il est important de posséder, ils ont seulement ajouté des détails imaginaires.

Les athées, au contraire, sont hors de la vérité première car ils nient tout Dieu.

Actuellement, face à la diminution des adeptes sincères en une religion déterminée, je crois à la possibilité de faire naître une foi élargie qui amènera l'homme du XXIè siècle à devenir un croyant heureux et progressiste.

5. - Admirer les merveilles de la Nature

L'univers est fabuleux dans son immensité, à tel point que la science moderne nous oblige à penser que jamais nous n'en connaîtrons les limites.

L'univers est fabuleux dans sa complexité. Il est régi par des millions de lois d'une interdépendance inouïe.

Que de choses merveilleuses d'intelligence, de formes, de couleurs, de dessins dans la nature qui nous environne !

Quoi de plus extraordinaire que la naissance de la vie où l'on voit une cellule recomposer l'être entier. C'est comme si une brique était capable de se subdiviser, de se différencier, pour aboutir à une maison !

Même les spermatozoïdes qui ne sont que la moitié d'un être potentiel sont doués d'une volonté directrice qui les fait agir selon un plan déterminé.

Voici trois exemples pris au hasard :

  1. Il existe de nombreuses espèces de poissons à filament pêcheur. Merveille d'ingéniosité de la nature, ils se servent d'une lampe placée à l'extrémité d'une sorte de canne à pêche pour attirer leurs proies.

  2. Il existe également de nombreuses espèces de poissons chez lesquelles le mâle vit en parasite de la femelle. Au début de leur existence, les mâles, minuscules, nagent librement. Lorsqu'ils arrivent à l'âge adulte, ils viennent se fixer sur le corps d'une femelle et ce, parfois, à des endroits pour le moins insolites : au milieu du front, au-dessus d'un œil, ou n'importe où ailleurs.

    A partir de ce moment, les organes digestifs se résorbent et un énorme testicule se développe qui finit par occuper tout l'abdomen.

    Un à plusieurs mâles peuvent se fixer en divers points du corps de la femelle et sont alimentés par l'apport de son sang.

    N'est-ce pas stupéfiant comme est stupéfiante l'incroyable diversité et la merveilleuse beauté des coquillages ? Et, tout dans la nature provoquera la même stupéfaction à qui l'observera.

  3. J'ai vu un beau commentaire montrant le cycle complet du ver à soie, depuis l'œuf jusqu'à la métamorphose extraordinaire en papillon en passant par les changements de peau de la chenille et la chrysalide.

    Quel cycle étonnant ! Pourquoi cette métamorphose si complexe pour aboutir à un papillon qui, parfois pour certaines espèces, ne vivra que quelques jours sans manger et dont l'unique fonction sera la reproduction ?

    Nous ignorons la raison profonde qui la pousse à parcourir tout son cycle de vie.

    Nous ignorons aussi, même nos plus grands savants et naturalistes, où elle va chercher l'intelligence de savoir à l'avance ce qu'elle doit faire, avec prévoyance, comme si, à sa naissance, elle avait élaboré un plan de sa vie, jusqu'à sa mort comme papillon.

Nous pouvons constater ces manifestations de la vie et de l'intelligence régissant cette vitalité, mais nous sommes absolument incapables d'en interpréter les causes.

Tout cela, pour nous, est mystère, ignorance, et des mystères, c'est par centaines de millions que nous pouvons les observer tant chez les plantes que chez les animaux, les virus, les microbes, les bactéries.

Nous devenons outrageusement prétentieux de notre connaissance par le fait que ce siècle nous a vu découvrir beaucoup de choses.

Mais ayons donc le courage de la lucidité et constatons qu'à chaque pas fait en avant nous apprenons qu'il y avait plus à connaître.

Ceci veut dire, en clair, que plus nous avançons dans la science et plus nous sommes obligés de constater combien nous savons peu.

A chaque problème que nous solutionnons, dix nouveaux problèmes se présentent.

Notre avance dans la connaissance est à chaque fois un recul par rapport à l'idée que nous nous faisions de ce qu'il y a à connaître. De quoi vraiment nous inciter à la modestie.

Nous ne savons encore presque rien; mettons-nous bien cela dans le crâne.

Conséquemment, pour ce qui est de juger l'intelligence foisonnante qui se manifeste en toutes choses, disons :

" Mystère, je ne sais pas ", et contentons-nous de ce que nous pouvons savoir, de ce qui est à la portée de notre intelligence actuelle.

Oui, nous ne comprenons pas tant de phénomènes comme celui du cycle du ver à soie, la raison de cette transformation et nous sommes incapables de créer, nous, une seule transformation semblable.

Qui pourrait expliquer ce genre d'évolution soit par les lois de Darwin ( adaptation-transformation ), soit par la théories des mutations, soit par tout autre système ?

A elle seule, la théorie de Darwin est incapable de tout expliquer en ce qui concerne l'évolution mais on ne peut nier sa réalité au moins partielle : pattes atrophiées visible sous la peau de certains serpents qui furent lézards antérieurement; branchies du fœtus humain, témoignage de sa vie aquatique antérieure, etc.

Quant à la théorie essayant d'expliquer l'évolution par la mutation, elle m'apparaît comme étant aussi partiellement exacte en ce sens qu'elle est incapable de tout expliquer à elle seule.

Alors, quelle autre explication pourrait-on suggérer ?

Peut-être l'explication que je vais proposer.

6. - Existence d'une troisième intelligence

J'en suis arrivé à cette autre explication : l'homme - et probablement tous les êtres animés - seraient doués de TROIS sortes d'intelligence dont les deux premières, déjà admises, sont :

  1. L'intelligence consciente et réfléchie,

  2. L'intelligence d'instinct transmise par les chromosomes et leur contenu en millions de gènes qui nous déterminent ataviquement.

En plus, de ces deux intelligences, ma conviction est qu'une TROISIÈME intelligence existe en nous.

Elle agirait à notre insu et n'aurait rien à voir avec les deux premières sauf qu'elle pourrait avoir sa source dans la réflexion découlant du travail de l'intelligente consciente.

La cellule est intelligente ! Pure théorie ?

D'accord ! Mais quelle autre explication donner ?

Une seule alors : l'intervention de "Dieu" ou d'une "Intelligence supérieure" que j'appellerai "Dieu" et ce d'une manière que nous ignorons totalement.

A vrai dire, nous ne savons rien en comparaison de tout ce qu'il y a à connaître.

L'homme, face à cet Univers fabuleux, face à cette machine étonnante d'intelligence n'en a, en réalité, qu'un vue très limitée, n'en a découvert que quelques mécanismes. C'est comme si la majeure partie se trouvait cachée par un "mur" et l'ennui c'est qu'à chaque fois que l'homme parvient à enlever une brique de ce "mur" c'est pour constater que la "machine" est beaucoup plus vaste et plus complexe qu'il ne l'avait imaginé.

Il est vrai que chaque découverte nous fait avancer d'un pas mais aussitôt ce dernier pas nous fait entrevoir mille autres pas à faire pour arriver à la connaissance.

Chaque pas en avant est donc, en fait, un recul quant à l'idée que nous nous faisions de notre réelle compréhension, et diminue l'écart entre le savant et l'homme ignare.

Je m'explique par l'exemple suivant :

Prenons une échelle dont nous pouvons compter les dix premiers barreaux visibles.

Je monte sur le premier et le savant sur le troisième; il est donc sensiblement plus haut que moi. A ce moment, il décide de monter sur le quatrième et il aperçoit alors plus de cent barreaux ! Ensuite, il monte sur le cinquième et là, il constate que cette échelle a peut-être plus de mille barreaux car il n'en voit pas le sommet ...

Le résultat, c'est que, s'étant hissé seulement de deux barreaux, le savant s'est en réalité éloigné de ce sommet et rapproché de moi.

La voilà la vérité sur les découvertes de la science dont nous sommes si fiers !

Dans ces conditions, n'est-il pas évident que nous serions ridiculement orgueilleux de décréter du haut de notre ignorance que tout ce "créé", tout cet "existant" est né d'un hasard sans but ?

Je laisse aux fous de suffisance et de prétention injustifiées l'apanage de semblables affirmations car si nous ne comprenons pas certains aspects de ce fabuleux Univers nous n'en sommes pas pour autant autorisés à nous poser en juges, nous infimes poussières dans cette immensité. Nous ne sommes pas le "Créateur" mais seulement son sujet parfaitement incapable de s'opposer à ses lois.

Il nous incombe de rechercher humblement ce qu'Il désire que nous fassions car s'il Lui plaît de sanctionner notre opposition, nous sommes ZÉRO pour lui résister.

N'oublions jamais ceci : "Sujets" nous n'avons pas à critiquer le "Maître".

Oh ! modestie, prends-moi sous ton aile. Que j'apprenne à observer, à m'émerveiller et ... à me taire sans juger la Création et ses lois.

le

Quelle que soit l'intelligence qui me convie à agir, je réponds à ses vœux et je m'y soumets.

7. - Accepter nos bornes

Extrême difficulté pour l'homme à les accepter.

Celui qui se permet de juger Dieu oublie qu'il n'est qu'un homme et qu'Il est Dieu !

Quand on a pour principe de toujours laisser une petite porte ouverte à la possibilité qu'on se soit trompé, il arrive qu'on se pose des questions face à certaines manifestations de la nature qui nous sont incompréhensibles. Ma petite porte s'est souvent ouverte.

Elle s'est ouverte un jour suite à une conférence télévisée de Francis Mazière sur l'île de Pâques, ses statues géantes monolithiques ( jusqu'à 300 T ) et l'anéantissement de cette civilisation.

Une hypothèse émise parmi d'autres : la terre aurait basculé de 23° sur son axe.

Ma petite porte s'est aussi ouverte après avoir lu l'article de Ronald Schiller : L'Atlantide dans la mer Égée. Quinze siècles avant J.-C., l'explosion du volcan de l'île de Santorin anéantit le peuple hautement civilisé des Minoéns sous trente mètres de cendres et fit des millions de morts. En comparaison, l'explosion du Krakatoa en 1883 fut peu de chose.

Pourquoi ces effroyables cataclysmes contre la vie ? Où y a-t-il ordre et direction dans tout cela ?

Comment répondre à ces questions et surtout comment vont y répondre les jeunes ?

Je ne peux m'empêcher de m'inquiéter de leur inquiétude et désire la combattre en toute honnêteté.

Que nous apporte la réflexion ?

Première réponse : la nature nous semble parfois inconséquente et inintelligente dans ses manifestations.

Deuxième réponse : la souffrance est parfois monstrueuse à notre entendement humain et "Dieu" nous apparaît souvent plus cruel que nous.

D'accord, mais que sommes-nous pour Le juger ?

Peu d'échelons nous séparent du singe alors que tant d'échelons nous séparent de "Dieu" !

Nous devrions modestement nous rendre compte que notre cerveau ne remplace que très partiellement notre instinct primaire et que les idées abstraites sont toutes récentes pour lui.

Par exemple, la notion de l'infini nous est-elle accessible ? La réponse est NON.

Cela étant dit, il n'empêche que notre intelligence actuelle nous fait pressentir que tout ce vaste Univers avec ses lois complexes doit avoir sa raison d'être.

Alors, il serait temps que nous prenions conscience de notre petitesse en regard de la Création et que nous acceptions de reconnaître que nous ignorons les raisons de "Dieu".

La fourmi ne comprendrait rien aux actions des hommes et nous, comment pourrions-nous comprendre et juger l'œuvre de cette Intelligence supérieure qui régit l'Univers.

Réfléchissons aux sages paroles d'un médecin de Padoue : J'ai vécu 80 ans, j'ai étudié inlassablement, et j'ai du moins appris une chose : A NE PAS IGNORER MON IGNORANCE.Paul Bourget, Le sens de la Mort )

Alors, ayons le courage de la modestie qui nous fera constater et admettre que nous sommes encore des êtres très bornés mais ayons aussi le courage de rechercher sagement où se situent ces bornes et acceptons-les en toute simplicité.

La vérité ne s'obtient pas en allant au-delà de nos possibilités de connaissance; au contraire, cette manière d'agir nous conduit nécessairement à l'erreur.

Par contre, la connaissance acquise en restant dans les limites normales de capacité de compréhension de notre cerveau actuel est déjà bien suffisante pour nous indiquer nos buts et pour nous conférer l'enthousiasme nécessaire pour y parvenir.

Si nous passions aux questions qui sont de notre ressort le temps que nous passons aux question qui nous dépassent, notre avenir serait mieux assuré.

Ceci est une évidence puisque, indépendamment de toutes religions révélées et en dépit de notre embryon d'intelligence, ils nous est déjà permis d'entrevoir certains buts primordiaux qui doivent guider notre vie.

Autre exemple : des forces obscures, indépendantes de notre volonté, nous poussent à perpétuer notre espèce de la même manière qu'elles poussent à la reproduction tout ce qui naît, croît et meurt sous le soleil.

Est-ce le hasard qui nous a dotés d'organes reproducteurs nous indiquant clairement ce que nous devions faire ?

Puisque nous devons nous continuer, nous devrions considérer comme coupable toute idée qui nous mènerait à l'encontre de cette volonté ainsi que toute action destructrice de notre petite planète terre.

Nous deviendrons peut-être un jour des demi-dieux mais en attendant agissons en hommes et visons à poursuivre les buts que notre intelligence reçue nous indique : la continuation de la vie et l'ascendance de tout notre être vers la spiritualité et la sagesse dans un juste équilibre qui tienne compte des impératifs dus à la partie physique de notre double nature.

Voilà ce qui est demandé.

8. - Responsabilité individuelle

Si la Belgique et la France sont à majorité catholique, si l'Angleterre et l'Allemagne sont à majorité protestante, si l'Inde est hindouiste et d'autres pays musulmans, juifs, etc, en un mot si les religions ont une patrie, c'est parce que l'homme pratique la "foi du charbonnier".

Elle me fut enseignée et conseillée comme étant une vertu : douter était une faute.

Et moi, j'affirme que c'est refuser le doute qui est une faute car c'est refuser l'emploi de l'intelligence reçue dont nous sommes individuellement responsables.

La foi du charbonnier est condamnable.

Nous ne pouvons être, par principe, conformistes ou anti-conformistes : notre choix doit être personnel puisque notre seule responsabilité est engagée. Ce n'est pas parce que notre milieu familial ou notre milieu social est capitaliste ou communiste, extrémiste ou modéré, religieux ou athée, que nous devons rester conformes à ce milieu. Celui qui viendrait à être dans l'erreur en recherchant à être lucide sera estimable tandis que celui qui, par simple hasard de naissance, serait en quoi que ce soit dans la vérité sans l'avoir cherchée sera condamnable.

Trop souvent nous sommes "moutons de Panurge". En dehors de notre raison, nous nous laissons influencer par les raisons d'autrui soit par nonchalance, soit par manque de courage, soit par peur d'avoir à douter.

Presque toujours l'homme veut échapper au doute car il est bien plus facile d'être croyant que libre penseur contrairement à l'opinion générale qui ne voit que les chaînes de chaque religion.

LA FOI,
qu'est-ce que c'est ?

C'est un père qui vous prend par la main et vous dit : Je raisonnerai pour toi; je tracerai ta voie et je te guiderai; je t'éviterai les dilemmes embarrassants.

Cette foi, que demande-t-elle en échange ? Bien peu : quelques heures distraites en prières au service de "Dieu" et un peu de retenue dans ses passions. Du moins, c'est ainsi que le comprennent de nombreux pratiquants. En récompense, elle accorde la tranquillité d'esprit à celui qui en suit les principes d'assez près.

Comme je comprends dès lors que l'on ferme les yeux et que l'on se bouche les oreilles au doute qui approche !

Mais s'il est une justice post-mortem supraterrestre, ce sera chaque individu isolément qui aura à répondre de ses pensées et de ses actes.

Cela dit, il ne faut pas perdre de vue que les préjugés raciaux ou religieux sont destructeurs, l'athéisme, à notre époque de totale interdépendance des peuples, l'est également.

Si de plus en plus d'hommes perdent la foi en une religion dénommée, rien ne les autorise pour autant à devenir des athées. Ceci serait plus néfaste et plus stupide que de croire en une religion entachée d'erreurs.

En ce qui me concerne, je crois en Dieu ...

Mais pas en un Dieu comme trop souvent on l'imagine car étant essentiellement terriens notre tendance est de nous créer un Dieu terrestre, palpable.

Le Dieu auquel je crois est une force inconnue que ma raison se refuse à définir mais dont mes sens constatent les actions, et c'est pourquoi, sous ce rapport, j'apprécie les religions qui interdisent la représentation de "Dieu" par des images ou des statues.

Le physicien américain Robert A. Millikan a dit : Il existe une divinité qui forge nos destinées. Nous avons à coup sûr un rôle à jouer de façon ou d'autre sinon nous n'aurions pas le sens de notre responsabilité. Une philosophie matérialiste est à mes yeux le comble de l'inintelligence.

Les paroles de ce savant, Prix Nobel, ne peuvent être que vraies puisqu'elles vont dans le sens de la vie et du bonheur humain non égoïste.

Le , à 4 heures

Pas impossible que ce soit Dieu Lui-même qui m'inspire et me convie à ce dur combat.

L'Égoïsme détruit. L'Altruisme construit

Nous désirons tous le bonheur pour nos enfants. Leur donnerons-nous un bonheur durable si nous ne recherchons que le bonheur immédiat sans vouloir rien sacrifier aux fins d'assurer le bonheur des enfants qu'ils auront eux-mêmes ?

Donnerons-nous le bonheur à notre descendance si nous ne pensons qu'à elle, égocentriquement, alors que ce monde est devenu interdépendant et que le bonheur d'un groupe dépend du bonheur et de l'esprit de justice dont tout l'ensemble pourrait bénéficier ?

Nous sommes bien obligés de constater que nous ne pouvons plus jouer "cavalier seul" et, pour que les nôtres puissent espérer avoir accès à un bonheur relativement stable, nous ne pouvons négliger de réfléchir, agir et sacrifier à l'avenir de tous.

Voilà ce que nous devons penser si nous sommes doués d'un esprit logique qui nous démontrera que l'altruisme, la charité, la considération des intérêts de l'ensemble des humains sont devenus une nécessité obligée si nous voulons servir nos propres intérêts.

En agissant ainsi, il ne nous sera pas défendu de jouir de certains plaisirs passagers mais, bien mieux que cela, nous posséderons ce vrai bonheur profond qui infiltre l'âme entière de celui qui se sait dans la juste voie.

Sénèque a écrit : Je veux que jamais la joie ne t'abandonne. Je veux qu'elle naisse sous ton toit, c'est-à-dire en toi-même. Les vulgaires hilarités ne remplissent pas le cœur, elles ne dérident que le front, la surface. A l'âme seule appartient l'allégresse. Dans le cœur du vrai sage règne une joie, une sérénité, un calme inébranlable : il vit de pair avec les dieux.

Je le répète : revenons à nos bornes ... mais allons jusqu'à nos bornes.

Et puis, soyons surtout tolérants envers ceux qui ne partagent pas nos idées. Notre devoir sera d'essayer de les amener à nos conceptions mais cela dans un esprit de fraternité.

L'homme ne se sauvera que par une modestie qui le porte à rejeter loin de lui ce défaut de suffisance qui l'incline à vouloir se montrer orgueilleusement supérieur.

Être peu intelligent n'est pas méprisable. Être orgueilleux l'est toujours.

Regarder autrui avec mépris, se prévaloir de son intelligence, de sa richesse, de sa classe sociale, de sa race, de sa nationalité, voilà la grande faute qui mène à l'obstruction de l'intelligence véritable et à toutes les calamités dues aux humains.

9. - Dieu est amour, il nous faut l'adorer

Ainsi disent les religions chrétiennes et beaucoup d'autres encore je crois.

Il en est par contre qui croient en un ou des Dieux cruels ...

En ce qui me concerne, je déclare sous ces rapports ignorer ce qu'il en est et ce qui est demandé à l'homme de raison. Je suis prêt à me soumettre à ce qu'il nous sera demandé le jour où notre intelligence plus lucide nous y conviera.

Pour moi, aimer "Dieu" c'est avant tout me soumettre sans réserve aux injonctions de mon intelligence, de cette intelligence que je tiens de Lui et vis-à-vis de laquelle je dois repousser toutes entraves qui en fausseraient le jugement.

Je n'aime pas cette dénomination d'acte de foi des catholiques. Vouloir croire à ce que d'autres croient ou veulent vous imposer comme croyances, c'est renoncer à sa liberté de lucidité; c'est renoncer à l'emploi de l'outil intelligence qui vous a été confié de naissance et dont chaque homme est individuellement responsable.

Par contre, ce que je comprends, accepte et estime un devoir premier, c'est l'acte de soumission constant; j'entends par là la volonté, qui a toujours été la mienne, de me soumettre au maximum de mes possibilités aux indications qui me sont dictées par mon intelligence contrôlée et soumise à ma raison, bref, à ma conscience.

Ma manière d'aimer "Dieu" ne peut être mauvaise puisqu'elle est avant tout la soumission inconditionnelle à ce qu'Il exige de moi, y compris l'amour et l'adoration si cela doit être.

Il est pour l'homme des devoirs visibles qui lui apparaissent s'il prend la peine d'observer la nature autour de lui et de méditer sur ce qu'il voit.

Aimer "Dieu" signifie pour moi rechercher en quoi consistent ces devoirs et s'efforcer ensuite de les remplir au mieux dans leur totalité.

Aimer "Dieu" est donc se soumettre à Sa volonté et mettre tout en œuvre pour la comprendre et l'exécuter.

Cette formule résume l'entièreté de nos devoirs.

Note : ceux qui ont tant souffert qu'ils auraient préféré cent fois n'avoir jamais existé ne peuvent adhérer gratuitement à ces formules de "Dieu est amour, il nous faut l'adorer".

Cet amour, ils ne l'ont pas constaté, n'en ont pas bénéficié et n'ont rien fait de bien mal, de plus mal que d'autres ( bien au contraire souvent ) pour ne pas en avoir bénéficié.

Alors pourquoi croire nécessairement et gratuitement à cet amour et l'ériger en postulat ? Pourquoi adorer aussi par principe Celui dont ils n'ont pas constaté l'amour ? Aux yeux de certains croyants, ces paroles sembleront blasphématoires. J'en appelle à ceux, très rares heureusement, qui ont vraiment beaucoup souffert et longtemps sans se sentir coupables de grands méfaits.

Ils n'en seront pas nécessairement pour autant des révoltés, des gens sans aucune foi, des gens refusant la soumission et l'acceptation des grandes lois de la Nature ou de l'Intelligence ordonnatrice de ce monde et de l'Univers.

S'estimant trop petits pour comprendre, ils se refusent de juger et se déclarent incompétents.

Leur demander davantage ne se justifierait pas et serait donc de l'irraison défendue.

Seuls les esprits faibles et qui manquent de courage acceptent de se raccrocher à des idées inventées de toutes pièces et qui apaisent leur crainte panique face à l'inconnu qui les inquiète.

L'homme intelligent et sage doit accepter en toute tranquillité et sérénité d'esprit la part d'inconnu qui dépasse son entendement.

Il n'est qu'un homme après tout dans cet incommensurable et si étonnant Univers où tant de choses lui sont encore cachées ou hors de compréhension.

Une fourmi, que comprend-elle au monde ? Une fourmi a ses buts cependant.

Quel droit l'homme a-t-il à tout comprendre ?

Modestie, nous en manquons ! ...

Le , à 22 heures

Servir ... et que Dieu veuille bien m'entendre.

10. - Comment mener sa vie en toute logique ?

Dans l'exposé qui va suivre, je n'utiliserai que les arguments de la raison s'activant à rechercher la vérité en toute indépendance par rapport aux religions.

Comment mener sa vie en toute logique ?

Pour répondre à cette question, il n'y a que deux manières possibles d'envisager les choses :

  1. On est pour que la vie se perpétue, on a des enfants et nous sommes obligés d'acquérir les vertus nécessaires afin d'assurer cette continuation.
  2. On est contre la continuation de la vie ou on s'en moque et on ne veut rien changer dans ce qui lui est nuisible. Dans cette hypothèse, il faut s'interdire d'avoir des enfants.

Ceux qui veulent se classer dans la seconde alternative sont ceux qui considèrent que le monde est sans but et estiment ne pas avoir à consentir le moindre sacrifice personnel à sa survie.

Si tous les hommes se mettaient à raisonner de la sorte, la vie humaine ne pourrait que s'éteindre à brève échéance car il est impossible d'éviter que le monde ne tombe dans une dépravation totale des mœurs si aucune considération d'avenir n'intervient et si l'on ne vise que son bonheur immédiat.

Les nihilistes qui refusent tout but à cette vie doivent admettre que leurs raisonnements nous conduisent à la souffrance et à la mort.

Est-ce bien cela qu'ils désirent ?

Sont-ils certains d'être à 100 % dans le vrai pour endosser pareille responsabilité ?

Ceux auxquels je poserais la question seraient sans doute hésitants, inquiets, ne désirant ni pousser les choses aussi loin ni être le chaînon défectueux qui briserait et mettrait à néant le travail et les efforts de milliers de générations antérieures.

S'il en est bien ainsi, et pour être alors conséquents avec eux-mêmes, ils ne pourront prendre de demi-mesure et devront accepter la première alternative : la continuation de la vie ... et les sacrifices que cela impose.

Ne perdons jamais de vue que l'Univers est si incommensurablement vaste et encore inconnu, les lois naturelles qu'il recèle sont si nombreuses qu'il paraîtrait dénué de bon sens de vouloir porter sur lui un jugement critique.

Comment ! Nous ne savons pratiquement rien ... et nous jugerions ?

En toute humilité, ouvrons les yeux sur ce qui nous entoure sans chercher trop loin et nos buts nous apparaîtront.

Ce qu'il y a de consolant, c'est qu'il ne nous est pas demandé plus que nos possibilités du moment. Nos actions ne doivent jamais nous faire négliger les soins que nous devons à notre santé puisqu'il nous faut un esprit sain dans un corps sain et que maintenir ce corps en bonne santé exige un juste équilibre entre activités mentales et physiques. Les heures de détente doivent donc être incluses dans notre programme de vie.

D'ailleurs, un dicton anglais dit avec raison : Toujours travailler sans jamais s'amuser fait de Jacques un triste garçon.

Ce qui nous est demandé n'est absolument pas contre notre bonheur personnel, au contraire, cela l'avantage si l'on considère autre chose que les joies factices obtenues en agissant à l'encontre des lois de la Nature, joies brèves qui se paient bientôt horriblement cher tandis que les joies saines, conformes aux lois naturelles, procurent un bonheur durable et se paient bon marché.

Pour terminer, je citerai Alexis Carrel, Prix Nobel de médecine : La vie est faite avant tout pour être vécue. En la vivant pleinement nous satisfaisons les intentions de l'Être qui l'a créée. Il s'agit, dans cette vie, de développer notre personnalité et d'atteindre les sommets de la vie, ce qui ne peut se faire qu'en suivant les lois de la physiologie et celles de la morale. ( Le voyage de Lourdes. Méditations, page 161 )

Le

Comme pour Gandhi, le Mahâtmâ, la vérité est mon premier Dieu et cette attitude mène à la conception du vrai et grand Dieu.

11. - Ce que je crois

Je crois
que notre vie a un but évident qui nous est indiqué si nous regardons simplement la Nature.

Je crois
que ce but est notre progression siècle après siècle, vers l'intelligence lucide, la lente ascension vers la perfection et l'heureuse sérénité.

Je crois
que l'homme peut accéder au bonheur durable et à la sécurité à venir de ses enfants en se conformant aux lois de la Nature.

Je crois
que la meilleure façon de se montrer intelligent est de rechercher ces lois en toute modestie. Mais si l'homme, l'élève borné dont chaque pas dans les découvertes lui apprend combien il sait peu, se permet de juger le Maître, jamais il ne deviendra réellement intelligent. Le Maître, c'est l'Intelligence Universelle dont nous ne savons que ce qui nous est permis de savoir à notre stade actuel d'évolution.

Je crois
que si la Nature nous a conditionnés de telle sorte que nous ayons une intelligence apte à l'auto-perfection progressive, c'est bien pour que nous l'utilisions. Blaise Pascal a écrit : Ainsi, toute notre dignité consiste dans la pensée. C'est de là qu'il faut nous relever. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale.

Je crois
qu'il appartient à l'homme de substituer aux lois primitives de vie et de sélection des lois qui parviennent aux mêmes buts nécessaires mais auxquelles soient adjoints l'amour et la charité. Au lieu de seulement critiquer ces lois primitives, l'homme ne pourrait-il pas davantage se complaire dans l'admiration de ce que la cellule originelle contenait en potentialité : celle de devenir l'être complexe et pensant que nous sommes ? N'est-ce pas un fait à nous couper le souffle d'étonnement ? En comparaison, toute notre science dont nous sommes si infatués, qu'est-ce ? Rien que le lent apprentissage de ces lois.

Je crois
que rien n'empêche l'homme d'apporter des lois moins dures et plus efficientes qui remplaceront la loi primitive de sélection par la lutte. Une chose pourrait l'empêcher d'agir dans ce sens : son caractère égocentriquement intéressé. Ce défaut l'aveugle aux lois évidentes et sacrées qui émanent de la Nature; il passe alors rapidement sur les raisons de croire et s'appesantit, au contraire, sur les raisons de ne pas croire.

Ne soyons pas trop fiers de notre race humaine ...

12. - Nécessité de la foi et de la prière. ( Le  ).

Alexis Carrel a écrit : Tout homme éprouve à un moment donné de sa vie le besoin de prier.

Je crois ceci très vrai et j'en veux pour preuve que tous les peuples se sont créés des religions qui leur permettent d'invoquer le "Très Haut" en le priant de diverses manières.

Ce besoin est si naturel, si nécessaire qu'aucune race n'y a échappé et une telle universalité constitue une preuve par elle-même.

Acculés par le malheur, les humains deviennent alors plus clairvoyants et plus soumis aux injonctions qu'ils s'efforçaient de tenir cachées dans les replis de leur conscience.

Le matérialiste orgueilleux, si savant scientifique soit-il, verra sa suffisance baisser tôt ou tard : l'âge, la maladie, le malheur finiront par avoir raison de sa prétention. Forcé à méditer, à être vrai envers lui-même, il gagnera en modestie et en sagesse.

Mais comment l'homme du XXI siècle è priera-t-il ? L'homme moderne élevé hors de la religion, ou parfois dans une religion qui n'en a plus que le nom, n'a plus l'avantage de pouvoir se remémorer les prières de son enfance tel que pouvaient le faire les générations précédentes et l'abandon de la religion, parfois compréhensible mais néanmoins trop brusque, le laisse démuni et désemparé face aux tragédies de la vie.

C'est pour combler cette lacune que j'ai rédigé une prière en m'efforçant d'y inclure les données basiques d'une FOI UNIVERSELLE et mon espoir est qu'elle puisse apporter aide et réconfort à tout homme de quelque peuple qu'il soit.

Ma prière invoque un "Dieu" existant et dont nous sentons la réalité dans nos cœurs, même s'Il est encore indéfini. Seule notre prétention exagérée à vouloir tout connaître et à aller ainsi au-delà des bornes de notre connaissance nous cache la perception de ce "Dieu" dont les attributs demeurent secrets.

Mais puisque prier est parfois nécessaire, il faut surtout savoir alors pourquoi on prie.
Ainsi la prière vient d'un coeur sincère et l'invocation reste dans les limites de la raison et de la lucidité. Nous avons été dotés d'une intelligence et cette prière ne la rejette pas; en cela, elle est accessible et précieuse à notre époque en pleine mutation spirituelle.

Qui oserait prétendre que mon combat ne m'est pas inspiré par des forces que je subis et qui me dépassent.

13. - Avantages des rites religieux

J'estime qu'il est des rites religieux justifiés et bénéfiques.

Bien comprises, la prière et la réflexion silencieuse journalière sont un élément de force, de correction, d'élévation progressive dans la perfection et il serait bon d'y revenir.

C'est pourquoi l'examen de conscience du soir est une bonne habitude : il nous fait réviser la journée écoulée et nous convie à juger nos actes.

Une activité ne doit pas déborder au détriment d'une autre et il nous appartient de doser notre emploi du temps afin de ne pas nous laisser absorber exagérément par des occupations secondaires puisque, avec la meilleure volonté du monde, il peut arriver qu'on se laisse submerger par le train-train de la vie quotidienne et que l'on perde de vue l'important au profit du superflu : détente, habillement, etc.

Nous devrions rougir de modes et de détails de tous ordres dont nous encombrons notre existence alors que le monde, pour vivre et progresser, réclame que nos pensées s'équilibrent et se tournent aussi vers des buts moins égocentriques.

Oui, l'examen de conscience journalier est certainement fort nécessaire pour maintenir ce juste équilibre et, si ce n'est guère réalisable, le rite consistant en une médiation hebdomadaire de trente minutes devrait être un minimum car :

Prier en toute modestie n'est donc pas un signe d'infantilisme mais le signe que nous sommes assez grands pour nous reconnaître petits et accepter notre inconnaissance.

Apprenons

14. - Prière

Voici ma prière.

O Vous ! Intelligence Supérieure que tous les peuples ont invoquée au cours des âges, dispensez-moi un peu de Votre lumière par le canal de mon cerveau qui est Votre œuvre.

Aidez-moi à aller jusqu'aux bornes de mon intelligence et de ma connaissance.

Aidez-moi à accepter la vie telle que Vous me l'avez octroyée sans que je me pose des questions dont les réponses me sont inaccessibles.

Aidez-moi à devenir chaque jour plus sage, à œuvrer dans le sens de la vie et de sa continuation, acceptant les sacrifices à consentir à cette fin.

Aidez-moi à mieux mesurer combien incommensurablement grand est Votre Univers et combien je serais prétentieux, moi, chétive fourmi terrestre, à vouloir porter un jugement sur Vos lois qui le régissent.

Aidez-moi à ne pas tenter d'élaborer des hypothèses multiples et fantaisistes en ce qui concerne Votre plan Divin; celui-ci est de Votre ressort et je dois me contenter d'être ouvrier en Vos mains.

Aidez-moi à concevoir que ma suffisance m'a fait acquérir une conception trop élevée de ma supériorité et que cette faute m'a éloigné des buts simples et visibles.

Aidez-moi à acquérir chaque jour davantage la force de me plier à Vos lois inscrites dans la Nature tout alentour de moi en un livre accessible à mon entendement.

Insufflez-moi une intelligente modestie afin qu'en bien des points je ne me montre pas inférieur aux animaux et même aux végétaux qui tous œuvrent dans le sens de la protection de leur espèce.

Vos lois m'imposent de rechercher à être juste, honnête, bon et, pour y parvenir :

Ma prière n'est donc pas vaine puisqu'elle a convié votre créature à Vous être plus soumise encore et à l'éclairer davantage.

J'ignore dans quelle mesure je dois Vous remercier mais mon merci se traduira par l'acceptation plus grande de ma soumission à Vos lois.

Mon ignorance est grande mais elle n'est pas totale. J'en accepte les bornes mais j'irai jusqu'à mes bornes.

Je ne suis que poussière vivante en Vos mains et je sais que cette poussière doit accomplir son destin selon les lois de la Nature, Vos lois, Seigneur.

Que je continue à vivre ou non après ma mort, que je redevienne poussière inerte ou que mon esprit survive, ne m'inquiète pas.

Je ne souffrais pas avant de naître. Pourquoi souffrirais-je de n'être plus si j'ai fait sur cette terre ce que je croyais sincèrement devoir faire ?

Je m'en remets à Vous Seigneur. Vous seul avez connaissance du plan divin qui est le Vôtre et donc de la raison ultime de tout ce qui est et de tout ce qui vit.

15. - Conclusion de la première partie

Voilà fort longtemps que l'homme est parvenu à dominer et domestiquer les animaux et la conscience de cette supériorité l'a rendu suffisant en lui faisant supposer erronément qu'il était déjà apte à tout savoir.

Mais n'oublions pas que ce n'est que depuis fort peu de temps que notre intelligence est parvenue à entrer dans des domaines abstraits et il n'existe aucune preuve qu'elle soit arrivée au sommet de son développement, de son perfectionnement.

Il fut une époque où nous imaginions la terre, le centre de l'Univers et l'homme le seul élu supérieur. Nous savons maintenant que notre terre n'est qu'un grain de sable dans l'incommensurable cosmos et qu'il est mathématiquement impensable qu'il n'y ait pas d'autres mondes habités; mais ceci n'implique nullement que nous ne soyons un rouage valable dans ce grand ensemble et même qu'une Intelligence infiniment supérieure à la nôtre ne sache "Elle" pourquoi nous en faisons partie.

Nous avons notre place sur cette terre et il nous appartient de bien la remplir. Pour ce faire, nous devons accepter l'ensemble des idées directrices qui nous sont actuellement accessibles, ni plus ni moins, sans imagination aberrante ou, au contraire, avec un défaitisme destructeur.

La simple observation des lois de la vie qui nous entoure nous indique vers quels buts nous devons tendre : Multiplication raisonnable de l'espèce humaine car si notre dotation d'organes reproducteurs prouve notre devoir de perpétuer la vie, notre raison doit superviser cette fonction, toute anarchie allant à l'encontre du but recherché.

Progression équilibrée et intelligente de notre spiritualité et du matérialisme.

Mais attention ! L'intelligence réelle exige le contrôle de notre esprit par la raison et pour y parvenir nous avons à vaincre nos défauts de caractère. Actuellement, trop de place est accordée à la vivacité d'esprit et à la mémoire et les tests pour évaluer le quotient intellectuel sont dangereux car incomplets : les vertus foncières, l'équilibre, la raison devraient y avoir leur large part.

Voici pour terminer quelques obligations.

Obligation de rechercher une meilleure sélection qui prenne en considération les principales vertus indispensables pour notre simple conservation.

Obligation d'amenuiser la loi de sélection primitive du "plus fort" et du "plus malin" au profit de lois qui permettent la fraternisation des hommes. Aussi longtemps qu'un homme accédant à la "force" aura à l'esprit d'abattre son voisin, il y aura la guerre.

Obligation de rechercher les moyens de combattre ce qui est faux, vain, nuisible, et inciter les hommes à mépriser le snobisme, la vanité, l'orgueilleuse puissance. Si ces défauts venaient à être blâmés au grand jour, nous serions moins âpres au gain car vouloir "paraître" est très coûteux.

Obligation de croire en une ligne de conduite à suivre pour réaliser le destin qui nous est propre. Sans cela, la survie de l'homme est impensable. Il ne se sauvera que par l'amour, la charité, la justice, l'altruisme, et surtout par la modestie.

Obligation d'être tolérant envers ceux qui ne partagent pas nos idées : notre seul devoir sera d'essayer de les amener à nos conceptions mais toujours dans un esprit de fraternité.

Si nous répondons par nos actes à ce qui précède, notre existence se déroulera dans l'enthousiasme sachant que nous faisons ce que nous devons faire et que, quelle que soit l'Intelligence qui nous convie à agir ainsi, nous nous y soumettons.

Cette connaissance est Religion Naturelle et de Vérité.

LA VOILÀ,
LA NOUVELLE RELIGION

Deuxième partie

1. - Ce fantastique univers

Fantastique est peu dire ! En lui, tout est démesuré ! Il est fabuleux tant dans l'infiniment grand que dans l'infiniment petit ainsi que dans la multitude complexe de ses agencements.

Il est tellement fabuleux qu'aucun mot n'est capable de le faire vraiment appréhender par notre cerveau de terrien trop petit, trop limité pour saisir cette grandeur et les lois intelligentes qui s'y manifestent.

Et pourtant, pour une meilleure compréhension des choses, il est très sain d'étudier cet Univers. Cela nous ramène à notre juste place et voilà qui est salutaire pour rabattre notre tendance à l'orgueil.

De plus, cette étude nous porte à une admiration extraordinaire pour "l'Intelligence" qui foisonne dans tout cet "existant" et préside à sa formidable organisation.

Elle nous fait aussi comprendre que les hommes n'étaient pas fous lorsqu'ils pressentaient "Dieu" à la vision de ce spectacle qui nous coupe le souffle d'étonnement, vision qui, en nous rendant modestes, doit nous porter à nous soumettre aux lois de cette "Intelligence" ordonnatrice vis-à-vis de laquelle nous ne sommes rien.

Voici quelques exemples qui feront réfléchir.

Ses dimensions chiffrées :

Il y a plus de 200 milliards ( 200 000 000 000 ! ) de soleils dans notre galaxie et notre soleil n'est que l'un d'eux.

Cela veut dire que, pour notre SEULE galaxie, si on alignait les soleils sur une ligne longue de 20.000 kms, il y aurait 10.000 soleils au mètre. Mais quelle suite de zéros ne faudrait-il pas aligner si on voulait faire ce genre de calcul pour les autres galaxies actuellement visibles par centaines de millions !

Je cite Robert Tocquet /  ) : On sait que notre galaxie est une formidable agglomération d'astres renfermant, d'après des données récentes, de 250 à 300 milliards d'étoiles. Pour traverser son grand diamètre, un rayon lumineux parcourant 300.000 kms en UNE seconde, mettrait plus de 100.000 années ! On songera en outre que notre galaxie n'est qu'une spirale parmi les quelques 100 milliards d'Univers-îles. ( La vie sur les planètes )

Je cite encore A. Koeklenbergh, Docteur en science, Observatoire Royal Belge : En fait, on évalue la masse de notre galaxie ( La voie lactée ) équivalente à 200 - 300 milliards de masses solaires - la masse de notre soleil étant considérée comme unité de mesure. La galaxie contient une part importante ( peut-être 50 % ) de matière non condensée d'étoiles et les étoiles de masse voisine de la masse solaire ne représentent pas plus de 60 % de l'ensemble des étoiles tel qu'on l'estime.

Voilà des exemples parmi tous ceux qu'on devrait donner bien davantage dans les écoles. Je trouve étrange que l'instruction scolaire traite si peu de ces sujets et ne mette pas plus l'accent sur notre position dans l'Univers. J'estime que ceci est une triste omission.

Comparaison :

Lune - Terre - Soleil - Antarès - Alpha du Centaure

Diamètre de la lune : 3.746 kms
Diamètre de la terre : 12.756 kms
Diamètre du soleil : 1.392.000 kms

Ou, pour mieux représenter ces chiffres, disons que si la lune est une petite bille de verre de 1 cm de diamètre, la terre sera grosse comme une balle de ping-pong et le soleil atteindra un diamètre de quatre mètres.

Sachant que la lumière parcourt 300.000 kms en UNE seconde, il faut 1 ¼ seconde entre la lune et la terre, 8 minutes entre le soleil et la terre ... et il faut 4,3 années-lumière pour l'étoile Alpha du Centaure qui est la proche de notre système solaire !

Mais, 4,3 années-lumière, cela fait combien de kilomètres ?

Une année-lumière est la distance parcourue par la lumière pendant un an.

On calcule aisément qu'une année-lumière vaut approximativement 9.460.800.000.000 kms, c'est-à-dire près de dix mille milliards de kilomètres. 4,3 années-lumière : 43.000 milliards de kms !!!Robert Tocquet )

Alors, devant de telles distances astronomiques, où en sommes-nous de notre exploration de l'Univers ?

Jugeons à quel point nous sommes peu de chose dans cette immensité où, tout nous porte à le croire, il existe probablement des millions de planètes où la vie se manifeste, quoiqu'il n'y en ait peut-être pas une sur 100.000 pourvue de conditions de vie même très éloignées de la nôtre.

Ne nous rabaissons cependant pas outre mesure, car l'immensité des distances et la pluralité des mondes, peut-être habités, ne signifie pas que nous ne sommes rien.

L'immensité de l'Univers est incommensurable et tout dans ce domaine, dépasse notre capacité de compréhension.

Nous sommes "un" dans un énorme tout mais n'en faisons pas moins partie de ce grand tout.

Terrestre nous sommes, et terrestres restons.

Apparition de l'homme au sein de la Création

Je vais maintenant citer Richard Carrigton /  ) : Si nous faisions tenir toute l'histoire de la terre en une seule année, il faudrait attendre 8 mois avant que la vie ne commence à se manifester. Les deux mois suivants n'intéresseraient que les formes les plus élémentaires allant des virus et des bactéries unicellulaires aux méduses. Les mammifères apparaîtraient le 15 décembre. L'homme, enfin, n'apparaîtrait que le 31 décembre vers 23h45 ! Quant à l'histoire écrite des civilisations, elle occuperait à peine plus que les dernières 60 secondes de l'année ( A guide to Earth history ).

En d'autres mots, cela signifie que l'homme vient seulement d'apparaître sur cette planète "Terre" et, pour mieux se le représenter, examinons le graphique ci-contre.

Cette mise à l'échelle est extrêmement suggestive. Elle fait bien ressortir à quel point l'homme est tout fraîchement débarqué et, à plus forte raison, combien il est vraiment débutant en matière d'idées abstraites, à quel point il n'a encore fait qu'un tout petit pas insignifiant vers "Dieu" et à quel point aussi, par conséquent, il se doit d'être MODESTE et doit s'abstenir de porter un jugement sur les œuvres de la Création.

Le

Ce travail si constant de trente ans, me fut-il inspiré par Dieu ? Qui sait, peut-être, mais c'est à Lui qu'il appartient de le savoir.

2. - Les croyants modestes

Mise en place d'un mouvement qui regrouperait toutes les personnes :

Qui se savent limitées en intelligence.

Qui vont jusqu'à la limite de leurs bornes sans vouloir les dépasser.

Qui croient au but de cette vie qui est la poursuite de l'évolution vers le haut, vers l'acquisition de vertus spirituelles.

Qui agissent sans extrémisme outré, c'est-à-dire en accord avec nos nécessités naturelles physiologiques qui doivent être considérées pour conserver équilibre et santé.

Qui considèrent que les religions ont été partiellement construites par l'imagination de l'orgueil humain.

Qui ont l'esprit chrétien au sens le plus haut du terme et sont, par conséquent altruistes, charitables et tolérantes.

Qui admettent que l'intérêt particulier doit passer après l'intérêt général si c'est nécessaire.

Qui refusent la guerre et la force brutale comme loi de sélection, considérant que ces moyens ne nous sélectionnent plus dans le sens désirable qui est notre perpétuation.

Au nombre de ces personnes, je songe, entre autres, aux religieux et religieuses qui quittent leurs églises ainsi qu'aux jeunes vocations qui ne veulent pas y entrer.

Toutes ces personnes parfaitement aptes à servir la morale nécessaire pourraient réaliser leur vocation car je suis persuadé que, parmi eux, il en est un grand nombre particulièrement honnêtes.

Être prêtre n'est pas toujours une situation spécialement attrayante et plusieurs la choisirent par conscience, par idéal, par sacrifice à leurs idées.

Ces hommes et ces femmes de bien ne pourraient-ils, sous la bannière d'une foi élargie, enseigner et démontrer à leurs frères humains cette "foi nouvelle" que je propose ?

Ils pourraient être des missionnaires laïques s'appuyant sur des bases plus vraies pour enseigner les principes moraux qui doivent guider les actions humaines.

Ils pourraient animer des groupements spirituels et susciter des réunions de discussions libres où tous s'éclaireraient l'un par l'autre.

Ils pourraient regrouper une véritable élite spirituelle qui soit un guide et un modèle pour les personnes indécises.

Ils pourraient apporter rapidement un changement d'optique générale vis-à-vis de nos vies et de la manière de la concevoir.

Ils pourraient rechercher jusqu'où, dans la vie courante, nous devons pratiquer l'honnêteté sans donner dangereusement la suprématie aux plus forts.

Ils seraient des tisons au contact desquels s'allumerait notre réflexion.

Ils comprendraient mieux les problèmes de chacun en vivant plus proches des autres. Les prêtres "défroqués" auraient l'avantage d'être disponibles, l'avantage de continuer leur mission sous une autre forme, l'avantage d'avoir déjà une préparation à ce genre de service, etc.

Ce qui est certain, c'est que la nouvelle religion serait vraiment démocratique, toute personne présente aux réunions pourrait participer à son gré aux échanges de vue qui doivent déterminer sa morale et sa spiritualité surtout car l'homme ne vit pas que de pain, de plaisirs, de distractions et, peut-être, est-ce cette incapacité à ne pouvoir se contenter seulement du matériel qui fait sa grandeur.

En cette fin du XXè siècle, force est de constater que si notre civilisation comporte de grands avantages elle souffre en même temps de monstrueuses lacunes : il y a vraiment trop d'adultes sans âme et sans conscience qui ne pensent qu'à leurs profits personnels immédiats et se fichent, en fait, de l'avenir du monde. Il serait temps de les amener à agir autrement en leur démontrant leurs erreurs. Ils se rendent coupables envers leurs enfants s'ils vivent au jour le jour et consacrent tout leur temps au soin de leurs intérêts matériels, aux vacances et aux diverses attractions dispensées par les radios et les télévisions. Ils n'ont pas le droit d'avoir l'esprit préoccupé seulement par le besoin de sécurité matérielle, par le "standing", par les amusements, car ces activités nous soustraient à l'obligation de réfléchir à nos autres responsabilités et aux actions à entreprendre qui doivent découler de cette réflexion. En vivant au jour le jour, les adultes seront coupables envers la jeunesse qui apparaît parfois comme peu sérieuse, voire désaxée mais, s'il en ainsi, c'est parce que nous avons failli à lui donner des buts valables qu'elle puisse comprendre en toute lucidité et à l'aide de sa seule raison.

C'est également parce que nous avons trop souvent manqué de fermeté lorsqu'il s'agissait de l'éduquer au courage nécessaire pour faire face aux sacrifices normaux demandés par la vie.

Trop d'adultes n'ont pas vu où le matérialisme outré les conduisait et cette imprévoyance a amené le monde là où nous le voyons aujourd'hui. Leur erreur fut humaine mais qu'ils n'en chargent pas les jeunes.

Par sa révolte contre le matérialisme, contre la vie au jour le jour sans lendemain assuré, la jeunesse témoigne de qualités humaines supérieures qui doivent faire notre joie. Tant mieux si elle est plus exigeante, si elle veut savoir pourquoi et comment vivre.

C'est normal et c'est son droit. À nous de lui rendre le sens des vraies valeurs et de le retrouver nous-mêmes si nous l'avons perdu.

Et maintenant, je m'adresse à vous les jeunes désespérés, qui êtes à la poursuite de n'importe quelle forme d'évasion, que ce soit par la pratique d'une sexualité outrée, par la consommation de drogues et hélas ! trop souvent par le suicide, pensez-vous faire preuve d'intelligence et de courage face à la vie en refusant de l'accepter ?

Je voudrais pouvoir vous communiquer mon enthousiasme pour les buts que je poursuis, je voudrais pouvoir vous inculquer mon courage calme et souriant face à la vie, ma sérénité, ma sagesse même peut-être quoique je répugne à employer ce grand mot auquel n'ont droit que les vrais grands sages qui furent peu nombreux au cours des temps.

Chaque génération successive s'est efforcée de vivre en supportant sa part du fardeau.

De quel droit vous croyez-vous autorisés à mettre à néant tous leurs efforts ? De quel droit vous croyez-vous justifiés de briser la chaîne ?

Beaucoup de choses vont mal sur cette terre ? Soit ! Mais vous ne pouvez nier les apports positifs et qu'est-ce qui vous empêcherait d'apporter votre concours personnel à l'élimination des apports négatifs ?

Laisser tomber les bras est facile mais indigne.

Le monde attend sa progression et bientôt il dépendra complètement de vous puisque son avenir va passer en vos mains pas la disparition des aînés.

Ne rien faire, abandonner la lutte, serait accepter d'être des sous-animaux car ceux-ci, quelle que soit la source de l'intelligence qui les conduit, veillent à la continuation de la vie.

Vous les jeunes, si vous parvenez à comprendre les choses ainsi, vous sortirez de votre pessimisme et de votre désespérance.

Vous lutterez alors avec l'enthousiasme de celui qui a compris les buts qu'il doit viser et auxquels le convie la "Nature", mot derrière lequel se cache encore pour nous "Dieu" ou cette "Intelligence Supérieure" qui nous dépasse tellement et que nous ne pouvons que pressentir par la vue de l'Univers si immense qu'il vaut mieux pour nous, si petits, ne pas chercher trop loin les raisons du tout.

L'avenir ? Mystère !

Ne tablons pas sur la fin certaine de l'homme, qu'elle soit proche ou lointaine, car c'est là juger des choses d'une manière insensée.

ALLONS JUSQU'À NOS BORNES;
NON AU-DELÀ !

3. - Objections apparemment opposables à la diffusion de mes idées

Enlever aux hommes la foi qui les soutient sans avoir rien de neuf à proposer serait, à mes yeux, un acte méprisable.

J'ai quelque chose à proposer et pourtant je n'ignore pas que mes écrits vont heurter certains qui, avec une bonne foi réelle ou relative, vont les juger dangereux s'ils venaient à être largement diffusés.

Il y a longtemps que j'ai envisagé cette objection et j'y réponds ceci :

J'ai perdu la foi catholique vers l'âge de 16 ans.

Vers l'âge de 20 ans, j'écrivis : Un jour peut-être me verra-t-on redevenir apparemment catholique mais ce sera pour ne pas risquer, par mon exemple, de nuire à ceux que la foi soutient et qui, pour croire, ont besoin d'éléments plus concrets.

Je n'étais déjà plus rattaché à aucune religion dénommée mais je restais croyant.

Depuis lors, les temps ont bien changé.

Les découvertes scientifiques modernes suscitent un courant d'idées qui porte à abandonner les religions et les écoles, les radios, les télévisions, ont fort réduit le nombre de personnes ignorantes et, par là-même, trop crédules.

A ces personnes, trop souvent, il ne reste presque rien et une désespérance, un relâchement des mœurs et des principes moraux les plus valables en sont la conséquence.

Les jeunes sont les principales victimes et ils doivent être pris en considération au moins autant que les croyants sincères qui existent encore.

Mon intention n'est pas d'enlever la foi à ceux qui l'ont mais d'aider ceux qui l'ont perdue ou sont près de la perdre. Aux croyants, je n'enlève rien.

Aux autres, qui vacillent dans leur foi ou l'ont déjà abandonnée, j'apporte un ESPOIR qui vaut mieux qu'une foi morte ou mourante.

L'abbé Teilhard de Chardin a écrit : Si je leur révèle ce que j'ai vu, je vais détruire en eux la foi qui les soutient et ce serait le plus grand de mes crimes.

Il a aussi écrit : J'espère, Dieu m'aidant, ne jamais rien faire contre l'Église hors de la quelle je ne distingue aucun courant ayant chance de réussir.

Il est mort en 1955 et depuis cette date la perte de la foi a fait des progrès effrayants, elle bascule comme jamais et les vocations religieuses se font de plus en plus rares.

Hors de l'Église, l'abbé Teilhard de Chardin ne distinguait aucun courant ayant une chance de réussir ?

J'ai des raisons sérieuses de penser que mes idées peuvent susciter ce NOUVEAU COURANT.

Il est urgent de donner un espoir aux hommes qui souffrent de perdre DIEU et, si je crois pouvoir les éclairer, mon crime à moi serait de me taire.

4. - Chamonix, année 1922

8) Le dernier argument en matière de religion est celui-ci :

Dieu a donné sa grâce aux uns et pas aux autres; c'était son droit car il est Dieu, donc tout puissant.

Non, ce n'est pas son droit car cela n'est pas la justice. Or, Dieu n'est-il pas juste par essence.

Si Dieu est juste, pourquoi donne-t-il sa grâce aux uns et pas aux autres ? Pourquoi, par ce moyen, permet-il aux uns de ne pas souffrir en enfer et pas aux autres ?

On me dit alors : Il faut mériter la grâce.

Mais je suis prêt à la mériter, autant que vous, autant qu'un tas d'autres qui ont cette grâce d'avoir la foi.

Dites-moi ce que je dois faire, je le ferai.

Mais ne me dites pas toujours : "Croyez"; cela serait le comble !

Pour avoir la foi "croyez !", cela serait idiot.

Cela reviendrait à dire : "Pour prendre ce moineau, mettez du sel rouge sur sa queue"; autrement dit, pour prendre ce moineau, attrapez-le. Bon moyen en vérité !

Note ce : Écrit de Chamonix, avant mon service militaire, lors de mon voyage avec oncle Robert Bette, etc. J'avais alors 18 ans ... et n'avais pas encore ouvert de cahiers. Les arguments développés aux points un à sept ont été égarés.

5. - Pensées, année 1923

Note 1943 - Erreur, à la longue tu t'écrouleras ! Il fallait compter avec les autres, avec l'orgueil et la bêtise humaine, sous peine de perdre beaucoup de tes possibilités d'être utile.


Auteurs cités

Addendum